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CLUB UNESCO ET INFORMATION DU PUBLIC : Ambitions et limites

    INTRODUCTION
1. L'EXPERIENCE TUNISIENNE : FRANCHIR TROIS PHASES
2. LA PREMIERE PHASE : FAIRE LES PREMIERS PAS...
3. UNE PREMIERE ACTION : UNE " FETE "
4. LA DEUXIEME PHASE : UNE NOUVELLE STRATEGIE D'INFORMATION
5. VERS LA TROISIEME PHASE... AU SEUIL DU 21EME SIECLE
6. POUR CONCLURE


A une époque oł le monde connaît un développement croissant des moyens de communication de masse, les adhérents à un Club Unesco affrontent souvent des difficultés en matière de communication avec le grand-public et ce, en fonction du milieu socio-culturel auxquels ils appartiennent. Dans une société industrielle, il va de soi que les moyens modernes de communication (journaux, radio, TV) facilitent, dans certaines mesures, la tâche aux Clubs Unesco et favorisent ainsi la diffusion de leur message. Alors que dans une société en développement. Des obstacles s'érigent dans la voie de ces clubs et entravent la communication avec la population locale. Dans ce contexte on se trouve généralement confrontée à deux modes de vie contradictions : l'un conforme à celui de ses ancêtres oł la tradition orale est le moyen primordial pour communiquer avec ses semblables et l'autre provenant des diverses sociétés industrielles qui favorise inéluctablement les supports modernes d'information. Ce phénomène qui crée chez la population d'une société en développement une certaine frustration, ne facilite guère la tâche aux groupes culturels ou associations qui envisagent d'agir sur les attitudes de l'opinion publique sur certaines questions, à caractères national et international moyennant la sensibilisation et l'utilisation des médias pour diffuser leurs divers messages.

1. L'EXPERIENCE TUNISIENNE : FRANCHIR TROIS PHASES

En Tunisie, une riche expérience dans ce domaine est acquise après un quart de siècle d'efforts fournis par le Club Unesco-Alecso de Tunis (CUAT) dans le domaine de l'information du public et notamment la sensibilisation des médias à son action d'éducation permanente. Mais comment le CUAT a pu arriver à associer " les agents de la communication spécialement les journalistes et les responsables des médias à ses diverses actions d'information " ? Quels moyens avait-il choisi pour tisser un rapport permanent de collaboration avec les médias ? Deux simples questions posés pour nous permettent de comprendre l'évolution d'un rapport de partenariat entre un Club Unesco et les médias de son pays. Pour y répondre, il faudrait faire le " Flash Back " et revenir à l'année 1971 date à laquelle le CUAT a vu le jour dans un quartier populaire de l'ancienne cité de Tunis : La Médina. Cette période de lancement du club est, considérée comme la phase préliminaire d'un processus à long terme qui a permis au CUAT de franchir avec assurance deux autres étapes décisives et édifier, à l'aube du IIIe millénaire, un avenir meilleur moyennant sa stratégie 1996-2001.

Généralement pour joindre un public vaste et varié, deux étapes doivent être franchies. La première se caractérise par une action limitée dans le temps et dans l'espace visant à inventorier les besoins d'un échantillon d'une population d'un quartier composé de différents catégories socio-professionnelles. Il est certes aisé d'évaluer l'impact d'une action culturelle quelconque avec un premier contact avec un nombre réduit de personnes. Après cette expérience acquise, le Club doit se préparer à passer à la phase suivante. Laquelle phase doit tenir compte des résultats de la phase préliminaire dans le but de pouvoir mieux affronter un public plus vaste et plus varié et d'acquérir de nouvelles possibilités de réussite pour la phase qui suivra. Il est évident que cette phase demande du responsable d'un Club Unesco un esprit d'organisation ainsi qu'un souci d'efficacité et une minute dans l'exécution des prévisions d'une opération quelconque. Le travail d'équipe doit primer également sur toute autre préoccupation. Par conséquent, un responsable conscient de sa mission doit veiller à une répartition équilibrée des tâches parmi les adhérents du club pour aboutir à attirer, du moins, l'attention d'un large public qui ne connait guère le Club Unesco et l'Unesco et ignore leur existence.
A partir de ces considérations, le Club Unesco pourrait sans peine affronter la phase suivante qui est l'ultime et qui se caractérise par l'inventaire des réactions du grand public à une manifestation culturelle organisée par les soins de ses adhérents ou la mesure de l'impact de cette action.

Enfin, dans une troisième phase et grâce aux échos dans les médias, d'un programma culturel conçu à l'intention du grand public, le Club Unesco pourrait, à ce point, entamer à nouer, au début, une collaboration occasionnelle avec les médias par le biais de contacts personnels et la diffusion de dossiers d'information à l'occasion d'évènements spéciaux jusqu'à tisser un rapport permanent créant aussi une " tradition " de collaboration avec les médias voire une relation de partenariat.

2. LA PREMIERE PHASE : FAIRE LES PREMIERS PAS...

Donner un tel schéma sur l'action que doit mener un Club Unesco auprès des médias ne pourrait pas être pris à la lettre. En revanche, le lecteur doit tirer ses propres conclusions de la théorie de la sensibilisation des médias à l'action des Clubs Unesco. Ce schéma n'est autre que le fruit d'une expérience d'un quart de siècle d'un Club Unesco, appartenant à un pays en développement. Bref, il serait fructueux pour les lecteurs de leur présenter quelques exemples d'actions concrètes, qui ont marqué la vie du CUAT depuis sa création en 1971, afin de donner en guise d'illustration les trois phases franchies par le dit club en lui ont permis une présence notoire dans les médias tunisiens.

Pour mieux suivre l'évolution des évènements dans l'histoire des relations du CUAT avec les médias, il faudrait avant tout connaître l'expérience menée par le dit club pendant deux années dans la médina de Tunis et qui illustre bien la phase préliminaire citée plus haut. En effet, en 1971 date à laquelle le CUAT a vu le jour dans la médina de Tunis, grâce aux encouragements de M. Georges Fradier alors Directeur du Projet Tunis-Carthage de l'Unesco et des responsables de l'Association de sauvegarde de la Médina de Tunis, les fondateurs du CUAT avait pensé, en premier lieu à faire connaissance avec les habitants des quartiers avoisinant le " Dar Dziri " (Centre Culturel Expérimental de la Médina) créé par l'ASM et ancien siège du CUAT. Le meilleur moyen était de mener une étude socio-économique sur la clientèle de " Dar Dziri ".

A la lumière des résultats de cette étude, le club avait élaboré à cette époque un programme d'activités à l'intention de la population des quartiers environnants. Ce programme visait, tout d'abord, à créer une animation culturelle dans la médina puis inventorier chez cette population ses besoins en cette manière en vue de préparer la phase suivante. Laquelle phase comportait une série d'opérations orientées vers les agents de la communication, en d'autres termes vers les différents médias modernes qui jouent le rôle de médiateur efficace pour toucher le public le plus large possible.

3. UNE PREMIERE ACTION : UNE " FETE "

La première action culturelle menée à l'intention des habitants des quartiers situés autour du " Dar Dziri " fut " La foire du Livre " à l'occasion de la célébration de l'Année Internationale du Livre (1972) proclamée par l'Unesco.

Le programme préparé minutieusement, à cette occasion, par l'équipe d'animation assimilait la foire du livre à une " fête populaire ". Ce phénomène social représentait, en effet l'une des caractéristiques de la société tunisienne appartenant à la civilisation arabo-musulmane.

D'ailleurs, les moyens modernes d'information qui jouent le rôle de supports d'appui ne peuvent en aucun cas assumer la tâche qui leur est d'évolue que lorsque le facteur " fête " est intégré d'une façon visible dans nos manifestations quotidiennes. De ce fait, pour sensibiliser l'opinion publique à une idée ou un programme d'action, le facteur " fête " devrait être le cadre idéal de toute opération promotionnelle.

L'originalité de l'action menée à cette époque était dans l'utilisation des moyens d'expression traditionnelle pour sensibiliser la population de la Médina à la Foire du Livre qui était considéré par la presse de l'époque comme la première de son genre organisée, dans la médina, depuis des décennies.

Après plusieurs discussions entre les adhérents du club, la musique populaire a été choisie comme moyen de sensibilisation. C'est ainsi qu'un groupe de deux personnes " Tabbal et Zakkar " avait sillonné les rues et ruelles de la Médina pendant deux heures jouant des airs populaires. Grâce à ce moyen, enfants, jeunes et adultes, habitants des différents quartiers de la médina, étaient informés de la tenue de la Foire et de l'existence du siège du club " Dar Dziri " en tant que Centre Culturel dans la Médina. Ce moyen jugé efficace pour la sensibilisation d'une population bien particulière, à une action culturelle, ne pourrait jamais être utilisé dans d'autres quartiers de la ville de Tunis dits " européens ". En effet, les moyens d'information modernes jouent leur rôle de diffusion du message sous une autre forme, diverse de celle que nous avions choisie.

Cette première actions conçue pour un public réduit avait permis au CUAT de se préparer aux autres actions qui avaient suivi la foire du livre et attirer l'attention des organes de presse de la capitale. Toujours, avec le thème du livre, le CUAT avait organisé lors de l'été 1972, " un rallye du livre " avec la participation de la chaîne française de la radio tunisienne et un " jeux du livre " avec la participation des jeunes de la médina. De là, un nouvel élan avait été enregistré dans le processus de sensibilisation des médias à l'action du CUAT. C'était pour la première fois que le club avait mené conjointement avec la radio tunisienne et des quotidiens de la capitale une activité promotionnelle visant à sensibiliser l'opinion publique à des richesses inestimables au sein de la Médina de Tunis et à faire connaître les objectifs de l'Unesco et des Clubs Unesco. L'action consistait à cette époque à décoder des messages émis par la radio à des heures précises et qui mènerait le vainqueur au siège du club. De par ce moyen promotionnel, le club commençait depuis cette date à développer ses relations avec les médias tunisiens et à se faire connaître pour arriver à partir de 1975, toujours sous le thème de la fête, à organiser annuellement les " Journées de l'Unesco " annonçant ainsi le début de la deuxième phase du processus.

4. LA DEUXIEME PHASE : UNE NOUVELLE STRATEGIE D'INFORMATION

Dès le début de cette phase, le club avait changé de stratégie d'information. Il avait changé d'objectifs et de champs d'action. Il avait également élaboré un programme d'activités inspiré des acquis de la précédente phase visant essentiellement à sensibiliser le grand public de son existence, de ses objectifs et de ses activités.

Pendant sept années, le Club avait tenu à organiser les " Journées Unesco " qui visaient essentiellement à rapprocher le CUAT du public et renforcer ses assises par de nouveaux adhérents. Chaque édition diffère de la précédente aussi bien de la forme que du fond. L'axe principales de ces journées d'information consistait en une exposition confectionnée et mis en place par les adhérents du club dans le hall d'une maison de la culture très fréquenté et oł le visiteur faisait connaissance avec le thème principal choisi à l'occasion d'un évènement d'actualité (année internationale, congrès). Autour de l'exposition, diverses manifestations culturelles étaient prévues dont : tables-rondes, colloques, spectacles, auditions musicales, projection de films... De même, une campagne d'information suivait ses activités et essayait de motiver les médias : Journaux, radio et TV à couvrir certaines activités. Au début, la couverture des éléments du programme des Journées Unesco, n'était pas bien suivi par les médias au cours de cette seconde phase mais progressivement l'intérêt de la part des journalistes vis à vis des activités du CUAT évoluait jusqu'à remarquer en 1981, lors de la 7ème édition, un accroissement des reportages, des interviews et commentaires sur les quotidiens, les hebdomadaires ainsi que la Radio et la Télévision dans des heures d'écoute maximales.

5. VERS LA TROISIEME PHASE... AU SEUIL DU 21EME SIECLE

Toutefois, il serait difficile d'énumérer, dans ces pages, la totalité des résultats acquis grâce aux efforts déployés par le CUAT durant 30 années. Néanmoins, il serait possible de souligner l'importance de cette seconde phase du processus de sensibilisation des médias. En dépit des difficultés humaines et matérielles, un esprit de confiance mutuelle a commencé à régner, entre les hommes de l'information et le club. D'une année à l'autre, le CUAT a gagné une certaine crédibilité auprès des responsables des médias. Désormais, il est devenu souvent une source d'information pour certains journalistes travaillant dans le secteur de la radio et de la télévision ainsi que des animateurs opérant dans les maisons de la culture et de la jeunesse. Dans certaines occasions, le CUAT est souvent appelé à superviser le déroulement d'une manifestation d'un organisme gouvernemental et non-gouvernemental. Autre chose, l'impact de l'expérience de la seconde phase à permis au club, aujourd'hui, de devenir un point de rayonnement culturel dans la ville de Tunis : Plusieurs responsables des maisons de la culture de la capitale ont appris maintenant une heureuse tradition, c'est de penser à réserver au début de chaque saison culturelle une place de choix aux prévisions du CUAT en matière de manifestation culturelles notamment la célébration de la journée du 4 Novembre, date de la création de l'Unesco.
Il reste à signaler que les Journées de l'Unesco ont favorisé également le développement d'autres genres d'activités qui ont permis au club de créer son propre public qui suit régulièrement ses manifestations culturelles : Table-rondes, colloques... De même, les responsables de médias ont acquis un réflexe de collaboration à toute ces manifestations culturelles. Ils ne ménagent aucun effort, même, pour suivre les chroniques de la tenue d'un colloque ou d'une table-ronde organisés par le CUAT. L'exemple des échos - des travaux de la session du conseil exécutif de la FMACU qui s'est tenue en Tunisie en Avril 1982 oł la tenue des différentes sessions des rencontres méditerranées notamment celle de 1993 sous forme d'une université d'été de la FMACU - parus sur les organes de la presse nationale prouve l'exactitude de cette thèse. Par conséquent, le CUAT a obtenu grâce aux médias une audience auprès du public assez notoire et notamment auprès des hommes de culture tunisiens qui, désormais, accueillent favorablement ses invitations pour participer aux diverses manifestations culturelles organisées par ses soins. Bref, la seconde phase du processus qui s'est achevée, en 1981, année charnière entre une décennie riche d'expériences et une nouvelle phase de son existence a marqué remarquablement la vie du CUAT en lui permettant de réussir son contact avec le grand public et de gagner la sympathie des hommes des médias.
En effet, cette troisième phase a été inéluctablement marquée par la restructuration opérée en 1986 au niveau des mécanismes de gestion des activités du club qui ont été suivis par des mesures d'ajustement susceptibles d'avoir permis au club de mieux formuler ces messages diffusés à travers les médias à l'intention du public-cible.

6. POUR CONCLURE

Cette expérience riche, d'enseignements et de nouveaux moyens a aidé et aidera, sans doute, le CUAT à poursuivre son chemin dans le domaine de l'information du public en vue de concrétiser les prévisions de stratégie 1996-2001 élaboré par les membres du CUAT à la lumière des acquis des trois précédentes phases afin de se préparer à franchir le cap du 3ème Millénaire.
Il est certain, qu'après après avoir élaboré cet aperçu, traitant de la sensibilisation des médias à l'action d'un Club Unesco, il semble que l'entreprise à mener avec et vers les médias ce qui nous pousse à dire qu'il est souhaitable que les adhérents d'un Club Unesco devraient fournir des efforts non négligeables pour arriver à rallier de leur côté le " quatrième pouvoir ". Lequel outil leur permettra de rayonner sur leur environnement socioculturel en diffusant leur message inspiré des idéaux de l'Unesco et de son action basée sur la culture de la paix et de la tolérance.

Par : Rachid BEN SLAMA Président du CUAT
et Ancien Vice-Président de la FMACU