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Hébron, au sud de Jérusalem, est une ville divisée. Elle se trouve dans une zone de Cisjordanie sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Mais certains quartiers sont "sécurisés" par les forces israéliennes, pour assurer la protection de la communauté juive qui y vit. Les tensions sont vives et la peur et la violence sont le quotidien des 500 000 habitants. Mais dans cet océan de trouble et de détresse émergent quelques îlots d'espoir.
Le Centre d'information et de communication pour la jeunesse (CICJ) en est un. Ouvert en juin dernier par une ONG, la Ligue internationale de la jeunesse palestinienne, il a été équipé grâce au programme INFOJEUNESSE de l'UNESCO : six ordinateurs, un fax, une imprimante et l'accès à l'internet.
Installé au cinquième étage d'un immeuble moderne, le Centre est lumineux et surplombe la ville. à côté du centre informatique et des salles de travail, il offre à tous les jeunes de la ville un lieu de rencontre ainsi qu'un accès et une formation gratuits aux équipements. La bibliothèque leur fournit des informations pour la recherche d'emploi, les études et les chantiers bénévoles dans le pays ou à l'étranger. Bref, ce Centre répond à un besoin vital.
"Ce nouveau lieu est un vrai progrès", assure Jawad Nairouch, père de trois enfants qui fréquentent le Centre. Je suis content que mes enfants puissent venir dans un endroit sûr et accueillant. C'est dangereux de jouer dans la rue. En plus, ici, ils apprennent beaucoup de choses." Jusqu'ici, Hébron n'a quasiment pas bénéficié des nombreux projets de développement menés dans le reste de la Palestine, notamment à Bethléem, Ramallah et Naplouse, au Nord. Et les débouchés pour les jeunes y sont très restreints. Le manque d'emplois, d'information et de possibilités de formation sont autant de symptômes du malaise général qui affecte la Palestine - paralysie, dépendance et faible niveau de développement -, et qui résulte de décennies d'occupation. Dans un tel contexte, et sans aucune chance de se réaliser personnellement ou professionnellement, les jeunes n'ont souvent pas d'autre recours que d'aller se confronter aux forces d'occupation dans la rue et de donner libre cours à leur colère et à leur désespoir. Ces actions se paient le plus souvent en nouvelles épreuves, blessures ou morts.
Dans le calme du CICJ, la jeunesse d'Hébron peut échapper aux couvre-feux et aux affrontements. Mais elle peut aussi, et c'est un attrait non négligeable, apprendre à utiliser l'internet et le courrier électronique. "C'est un endroit agréable pour passer un moment, mais ici on peut aussi lire et apprendre. On trouve plein d'informations, explique Ikram Tamini, 17 ans. Et grâce aux ordinateurs, on peut discuter avec des Européens sur le Net et partager nos expériences."
"J'essaie de venir tous les jours, ajoute Muna Sunoqrot, 16 ans. Au début je croyais que c'était très difficile d'utiliser un ordinateur, mais en fait, c'est simple. En ce moment, j'apprends à créer mon propre site internet ; je veux donner des informations sur ma famille et sur mon pays que tout le monde pourra voir." Tout cela enchante Adli Dana, secrétaire général de la Ligue internationale de la jeunesse palestinienne. "C'est vraiment une belle réussite, affirme-t-il. Ce Centre va enfin offrir de réelles perspectives à nos jeunes, nous attendions cela depuis longtemps. Je pense que d'ici un mois, il affichera complet tous les jours."
Majdi Dana, journaliste à Hébron
Publié le 05 juillet 2001
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